Les Insomniaques
3V:0D
Détails des vagues affrontées par la Compagnie des Longues Dents
| Vague | Adversaires | Décès des héros |
|---|---|---|
| Vague 1 | Un étin (créature à deux têtes) | 0 |
| Vague 2 | Une dragonne verte | 0 |
| Vague 3 | 10 ogres zombies, un seigneur vampire, un élémentaire des tempêtes | 0 |
| Total | Vagues réussies : 3 | Décès : 0 |
Le déroulé du combat
On raconte beaucoup de choses sur l’Arène des Souvenirs : que ses gradins changent de place selon l’humeur du gardien, que les éclairs de scène sont fournis par un imp bien payé, et que la buvette refuse de servir quiconque porte encore du sang sur ses bottes. Ce soir-là, pourtant, tout le monde était trop occupé à suivre les péripéties de la Compagnie des Longues Dents pour s’inquiéter de la qualité discutable des boissons.
La première créature à entrer fut un étin, deux têtes, quatre yeux, une seule idée à la fois, ce qui créait déjà un problème de répartition. Il poussa un rugissement à faire trembler les pierres… mais malheureusement pas Estelle. D’un geste élégant, elle déclencha un sort si subtil que les deux moitiés du cerveau de l’étin réussirent, pour la première fois de leur existence, à être d’accord : « C’est joli ! » L’étin s’orienta donc vers la musicienne, perplexe, ce qui donna le temps à Kaelarys de décocher une flèche d’une précision presque insultante. Une tête tomba. L’autre tenta quelque chose qui ressemblait à une protestation, mais Koza arriva, l’air de dire « On avait dit vite », et régla l’affaire en décapitant la dernière tête. La foule exulta, la vague avait duré moins longtemps qu’un soupir contrarié d’archimage face à un apprenti trop zélé.
Puis le sol décida de participer au combat, ce qui est rarement bon signe. Une dragonne verte jaillit des profondeurs, furieuse, immense, et prête à engloutir Orzdre comme un amuse-gueule particulièrement musclé. Le public retint son souffle ; la dragonne non, un nuage de gaz enveloppa le sangdragon. Estelle, à qui rien ne faisait peur sauf les factures des réparations de son violon, déplaça Orzdre d’un pincement de cordes, elle le fit réapparaître juste au bon endroit pour frapper la bête avec enthousiasme, le genre d’enthousiasme qui fait tomber les organes internes.
La Compagnie fondit alors sur la dragonne. La dragonne tenta l’évasion, la dissimulation, puis le déni. Aucun succès. Quand elle s’effondra finalement dans un grand bruit de reptile contrarié, le sable se souleva comme pour dire : « C’était pas dans mon contrat, ça. »
La troisième vague était moins polie. Les dix ogres zombies avançaient comme des armoires bancales ; l’élémentaire des tempêtes produisait assez d’électricité statique pour alimenter une petite ville ; et quelque part flottait un vampire, invisible parce que certains individus ont besoin de théâtralité pour se sentir importants. La Compagnie, qui avait renoncé depuis longtemps à être impressionnée, dressa un mur d’air si solide que les ogres rebondirent dessus comme leurs idées stupides rencontrant la logique pur d’un groupe entrainé.
Derrière cette protection, chacun attaqua avec l’efficacité d’un groupe qui sait très bien que plus vite c’est fini, plus vite on va boire. Le vampire tenta de semer la panique, tentant de dominer Orzdre, mais les choses qui réussissaient généralement dans les salons mondains ne fonctionnait pas sur les frénétiques munis de potion de lutte contre le contrôle mental. Hélas pour lui, les aventuriers décidèrent de mettre en place un concours improvisé de sauts acrobatiques visant à lui rappeler que voler ne signifie pas « être hors d’atteinte ». Kaelarys finit par lui subtiliser son pendentif de résurrection, ce qui écourta immédiatement ses ambitions à long terme.
Quant à l’élémentaire, il fut rapidement isolé, encerclé, puis traité de la manière habituelle qu’ont les aventuriers de gérer les phénomènes météorologiques agressifs : un tir bien placé, un grand pouf, et beaucoup de cheveux hérissés.
Quand la poussière retomba, l’Arène resta silencieuse. Pas un murmure, pas un souffle… juste le temps que chacun s’assure qu’il n’y avait pas de quatrième vague cachée derrière un mur. Puis les acclamations explosèrent, chaleureuses, tonitruantes, légèrement effrayantes.
La Compagnie des Longues Dents venait encore une fois de prouver une vérité immuable : il existe deux façons de survivre dans l’Arène des Souvenirs, être terriblement puissant, ou être spectateur du bon côté des gradins. Ils étaient, sans conteste, du premier type.
